LA SUPRÉMATIE DE LA CONSCIENCE EST MENACÉE

mercredi, 04 février 2015
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RÉPONSE DE L’ORGANISME CATHOLIQUE POUR LA VIE ET LA FAMILLE À L’ÉBAUCHE DE POLITIQUE DE L’ORDRE DES MÉDECINS ET CHIRURGIENS
DE L’ONTARIO INTITULÉE « OBLIGATIONS PROFESSIONNELLES ET DROITS HUMAINS »

 

L’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario propose une modification à ses principes opérationnels qui, advenant son adoption, restreindra radicalement les droits de la conscience des médecins ontariens. Ce changement de politique entraînerait des conséquences dévastatrices pour les médecins qui cherchent à former leur conscience en s’inspirant de leur foi – et non seulement des politiques de leur ordre professionnel. Ils pourraient se voir forcés de quitter la province ou la pratique médicale pour rester fidèles à eux-mêmes. Ce changement serait aussi très dérangeant pour les patients qui tiennent à confier leur santé à des médecins qui partagent leur vision de la personne humaine.

La liberté de conscience et de religion est garantie par la Charte canadienne des droits et libertés (section 2a). Inaliénables et universels, ces droits découlent de la dignité unique de la personne humaine qui constitue le fondement de tous les droits humains. Le discernement moral exige une raison droite qui pousse toujours à chercher ce qui est bien et bon, afin d’agir en conséquence et de demeurer intègre et fidèle à soi-même. La personne humaine doit toujours obéir au jugement certain de sa conscience.[1]

 En exigeant des médecins ontariens qu’ils fournissent de l’information et donnent accès à des procédures qu’ils estiment gravement immorales – et contraires au meilleur intérêt de leurs patients –, la politique proposée par l’OMCO remplacerait la suprématie de la conscience par celle d’une autorité auto-proclamée agissant en dehors de sa sphère de compétence. Rappelons-nous que l’establishment médical a souvent proposé des pratiques qu’il a par la suite rejeté – la lobotomie et les électrochocs, par exemple. La médecine s’est souvent humanisée grâce aux efforts de médecins qui se trouvaient incapables – pour des motifs de conscience – de respecter l’orthodoxie médicale du jour.

Vouloir obliger un médecin en particulier à d’agir à l’encontre de sa conscience revient à remettre en cause les droits collectifs de la conscience de l’ensemble des médecins. La conclusion logique de cette position est de nier à l’establishment médical tout rôle légitime dans la définition de l’acceptabilité éthique de telle ou telle procédure médicale.

L’Église catholique ne cesse de rappeler la nécessité de défendre le droit universellement reconnu à la liberté de conscience et de religion de toute personne, quelle que soit sa religion ou sa philosophie de vie : « … Il [l’homme] ne doit donc pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience ».[2] En exigeant des médecins qu’ils mettent entre parenthèses leurs préoccupations religieuses ou éthiques particulières, on viole ce principe. Dans le domaine des soins de la santé, on transforme ainsi les médecins en simples dispensateurs de services médicaux en leur enlevant la responsabilité de déterminer si ces services sont opportuns dans une situation donnée.

L’expérience humaine a clairement démontré que « la reconnaissance effective du droit à la liberté de conscience et à la liberté religieuse est un des biens les plus élevés et l’un des devoirs les plus graves de chaque peuple qui veuille vraiment assurer le bien de la personne et de la société ».[3]

Pour toutes ces raisons, nous demandons à l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario de rejeter cette ébauche de politique intitulée “Obligations professionnelles et droits humains”.

4 février 2015

 

 

L’Organisme catholique pour la vie et la famille est parrainé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada et le Conseil suprême des Chevaliers de Colomb.

 


[1] Catéchisme de l’Église catholique, no 1800.

[2]Dignitatis Humanae, (Déclaration sur la liberté religieuse promulguée par le Pape Paul VI, 7 décembre 1965), no 3.

[3]Compendium de la doctrine sociale de l’Église catholique, no 553