Respecter le droit à la vie : premier pas vers un nécessaire renouveau culturel

mercredi, 07 mai 2008
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Message à l’occasion de la Marche nationale pour la vie
Ottawa - 8 mai 2008

Dans un message intitulé « Le droit de naître : une question de justice », l’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) appelait, l’année dernière, le Canada à étendre enfin aux enfants canadiens à naître les protections prévues par la Charte canadienne des droits et libertés.  

Cette année, à l’occasion de la Marche nationale pour la vie, l’OCVF invite les Canadiennes et les Canadiens qui croient au respect de la vie humaine à marcher pour appuyer le premier de tous les droits humains : le droit à la vie – droit reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont on célèbre le 60e anniversaire en 2008. À ce sujet, notre pays a besoin non seulement d’une réforme législative, mais d’un grand renouveau culturel inspiré par une prise de conscience nouvelle de la valeur et de la dignité de chaque vie humaine, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. 

Un très grand nombre de personnes sont étonnées d’apprendre qu’aujourd’hui encore le premier des droits humains, le droit à la vie, n’est pas protégé dans notre pays pendant les neuf mois que dure une grossesse. Les sondages démontrent que les deux tiers des citoyens canadiens seraient favorables au moins à certaines restrictions concernant l’avortement 1; et pourtant, trop de grossesses continuent chez nous de se terminer par un avortement. Au Canada, pour chaque trois naissances vivantes, un humain embryonnaire est éliminé par avortement. Et on sait que 90% des avortements sont réalisés pour des motifs non thérapeutiques 2

La vie est le premier et le plus grand de tous les dons humains. Miracle de la création, elle est au fondement de tous les autres droits. Sans la vie, il n’existe pas de droits ;  et quand jaillit la vie humaine, sa dignité et sa valeur inhérentes exigent un respect inconditionnel. C’est au respect manifesté pour la vie, surtout des plus faibles, que se mesure le respect que nous portons à tous les autres droits humains. Comment s’étonner du manque de respect pour les autres droits lorsque le premier, le droit à la vie, n’est pas protégé ? 

ASSOIFFÉS DE VÉRITÉ 

Le renouveau culturel désiré consisterait aussi à approfondir la raison d’être et la signification de la sexualité humaine. Maintenant plus que jamais les jeunes ont besoin d’entendre une parole de vérité sur l’être humain. Nombre d’entre eux manifestent leur désespoir et leur désillusion face à une culture qui promeut la banalisation de la sexualité et donc de l’être humain. Beaucoup ont fait l’expérience de la dépendance à la pornographie et des autres pièges d’une culture qui rabaisse l’être humain au niveau d’objet. Beaucoup ont connu la souffrance qui accompagne la fin d’une relation préconjugale, les  conséquences d’une maladie transmise sexuellement ou l’échec de la contraception qui les a conduits à l’avortement. Beaucoup vivent dans le secret la douleur du syndrome post-avortement. Et un grand nombre se doute que leur sexualité possède certainement une raison d’être plus grande que le seul plaisir passager. 

Les jeunes ont soif de savoir qu’ils ont été créés pour un amour permanent, exclusif, fidèle et ouvert à la vie : un amour dont la pleine expression ne peut exister que dans le mariage entre un homme et une femme. Ils veulent connaître la vérité sur la contraception, qui a entraîné tant d’effets contraires à ceux qui étaient attendus. Pourquoi la promesse de libération sexuelle s’est-elle transformée en déshumanisation des femmes, trop souvent traitées comme objets de gratification sexuelle. Des adolescentes et des adolescents canadiens, des jeunes adultes aussi, veulent s’entendre dire que leur masculinité et leur féminité ne sont pas interchangeables et ne sont pas non plus l’effet du hasard ; mais que l’homme et la femme sont faits pour se compléter mutuellement – physiquement, psychologiquement et spirituellement – et qu’ils sont appelés à une union durable et heureuse qu’il vaut la peine de préparer dans la  chasteté.  

LA VOCATION PARENTALE 

Comme société, il nous faut redécouvrir aussi la grandeur de la vocation parentale. Les jeunes femmes ont besoin de se faire dire que la maternité est un appel d’une immense importance, tout aussi valable qu’une carrière professionnelle, et que la décision de reporter ou de troquer une carrière pour la maternité est une option acceptable. Elles veulent être rassurées : choisir d’être épouse et mère n’a rien d’anti-femme ou d’anti-progrès. C’est plutôt un choix profondément épanouissant qui célèbre leur identité et leur nature féminine unique. Le marché du travail doit donc lui aussi relever le défi de s’adapter aux besoins de la vie parentale et familiale. 

Les jeunes hommes aussi ont besoin de découvrir que la paternité est un appel important et une responsabilité très gratifiante. Qu’un père n’est pas un parent  superflu ou remplaçable. D’innombrables études ont confirmé le rôle crucial du père dans le développement d’un enfant. Quand un nouvel être humain a été conçu, le père est appelé à l’un des projets les plus honorables, les plus essentiels et les plus passionnants de sa vie. 

Développons chez les jeunes, qui seront les leaders de demain, la force intérieure qui les transformera en témoins de la vérité sur la dignité humaine et sur le caractère unique de la personne humaine. Soyons les promoteurs d’un renouveau culturel qui permettra de se réapproprier la grandeur et le sens de la sexualité, de la fécondité et du mariage. Nous retrouverons ainsi le respect qui est dû à toute vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.