Mettons fin aux foeticides de filles au Canada

vendredi, 23 août 2013
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Message de l'Organisme catholique pour la vie et la famille à l'occasion de la Marche nationale pour la vie 2013

Chaque année, quelque 100 000 enfants à naître canadiens sont éliminés avant même d'avoir pu plonger leur regard dans celui de leur mère, de percer leur première dent, de faire leurs premiers pas ou de tendre les bras en signe d'amour inconditionnel. Le simple fait que nous tolérions ce gaspillage de vies humaines en dit long sur nos priorités en tant que nation. La triste vérité c'est que nous sommes devenus un peuple dont la valeur suprême est le choix et l'autonomie. Mais il faut bien se demander à qui appartient ce choix. Nombreux sont les gens qui défendent un soi-disant « droit » à l'avortement et qui justifient cette pratique horrifiante en soutenant que l'avortement n'est rien de plus que la simple ablation d'un « amas de cellules ». Pourtant, lorsque confrontés à la réalité des avortements sélectifs, seuls les plus endurcis restent indifférents. Pourquoi ? D'abord, parce qu'il est impossible de continuer à croire indéfiniment au mythe voulant qu'un garçon à naître ou une fille à naître, aussi petits soient-ils, ne sont qu'un « amas de cellules ». Et ensuite, parce que nous savons tous, en fin de compte, que certains choix sont intolérables.

Il y a déjà sept ans, un article d'Andrea Mrozek, publié dans le Western Standard, prévenait les Canadiennes et Canadiens de l'existence au pays d'avortements sélectifs en fonction du sexe. Dans certaines communautés culturelles canadiennes, en effet, pour 100 filles menées à terme environ 120 garçons naissent (comparativement aux prévisions biologiques normales, soit 106 garçons pour 100 filles). Ironiquement, on constate qu'au Canada et dans d'autres pays développés, les nouvelles technologies comme l'ultra-son permettent d'une part d'apprécier l'humanité de l'enfant à naître et, d'autre part, d'identifier et de cibler les filles. Dans d'autres cas, dans le cadre de la procréation assistée, ce sont les embryons féminins qui sont sélectionnés et détruits, alors que leurs frères embryons sont implantés. Au Canada, cette « guerre aux femmes » est encouragée par de profonds préjugés culturels – qui privilégient les héritiers masculins – et par les avancées technologiques.

S'il est une leçon à tirer de la tragique réalité des avortements sélectifs au Canada, c'est que la cause de la vie ne vaincra que lorsque nous aurons créé une culture qui respecte la dignité et la valeur de toute vie humaine. La personne ou le couple qui choisit d'avorter d'une fille, précisément parce qu'elle est une fille, reconnaît par le fait même qu'il ne s'agit pas seulement d'un « amas de cellules ». Cette personne ou ce couple songerait-il à avorter d'un garçon ?

Quoi qu'en disent certains, le débat sur l'avortement a beaucoup plus à voir avec la valeur que nous accordons à la vie humaine dans et en dehors de l'utérus qu'avec la question de savoir si et quand la vie humaine existe avant la naissance. Une culture de la vie accorde une valeur égale à chaque vie humaine – à celle qui se développe dans le sein de la mère et à celle qui s'achève à l'approche de la mort, à celle d'une personne en santé ou gravement malade, à chaque homme et à chaque femme. En somme, une culture protège ce qu'elle valorise. Dans une culture qui valorise les hommes plus que les femmes, les filles à naître sont plus menacées par l'avortement.

L'immense majorité des Canadiennes et Canadiens sont choqués à l'idée qu'une fille puisse être menacée par l'avortement du simple fait qu'elle est une fille. Marchons donc au nom de l'égalité, au nom de l'égalité des femmes et de l'égalité humaine. Marchons, bien convaincus que le foeticide cessera quand nous cesserons de croire que nos besoins et nos désirs sont en compétition avec ceux des personnes avec lesquelles nous vivons et travaillons, de celles qui ont besoin de notre aide, ou de celles que nous portons dans notre sein.
Rendez-vous donc, sur la Colline parlementaire, le 9 mai ! Ensemble, nous marcherons pour la Vie !

Le 22 avril 2013