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Menaces pour la civilisation

mercredi, 28 avril 2010

Message de l’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) à l’occasion de la Marche nationale pour la vie – Ottawa, le 13 mai 2010

Dans son encyclique Evangelium Vitæ, le pape Jean-Paul II lançait un sérieux avertissement : l’avortement représente « une énorme menace contre la vie, non seulement d'individus, mais de la civilisation tout entière[1] ».  Cette mise en garde résonne aujourd’hui avec une justesse particulière, alors que nous sommes en mesure de constater les conséquences catastrophiques de l’avortement dans notre propre pays. Il a détruit quantité de vies innocentes et laissé de profondes cicatrices chez des femmes, des hommes et des enfants de tous les milieux sociaux ; notre société en est profondément blessée.

[1] S.S. Jean-Paul II, Evangelium Vitæ, 59.

L’individualisme ambiant accentue sans cesse les menaces à la vie humaine, surtout dans ses moments les plus vulnérables. Tout comme l’avortement a intensifié ses attaques contre les membres les plus innocents de la société, il y a de cela 40 ans, une éventuelle légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté menace aujourd’hui la vie d’innombrables personnes au Canada. Une fois acceptées socialement, ces pratiques inhumaines raffermissent une mentalité qui compromet la vie des personnes vivant avec un handicap, des personnes âgées, malades et mourantes, qui ont bien davantage besoin d’un accompagnement empreint de compassion.

Au cœur de cette destruction et de cet isolement, nous avons cependant la possibilité de choisir la vie!  Nous sommes appelés à contribuer à la reconstruction des relations brisées, à soutenir ceux et celles qui sont dans le besoin et à prendre soin des personnes marquées par une culture qui rejette la valeur intrinsèque de la vie humaine. Engageons-nous, à l’occasion de la Marche pour la vie, à renouveler notre civilisation à coups de gestes d’amour.

Construire une civilisation de l’amour

Le pape Benoît XVI nous dit, pour sa part, qu’ «aimer quelqu’un, c’est vouloir son bien et mettre tout en œuvre pour cela[1] ».  Seuls des gestes et des œuvres inspirés d’une charité profonde nous permettront de réparer les dommages causés par l’avortement. Il est important de manifester notre amour non seulement à l’enfant à naître mais aussi à la mère effrayée qui songe à recourir à l’avortement, au partenaire réduit au silence et à la passivité tandis qu’on lui arrache son enfant, et au médecin malavisé qui dénature le don de guérison en détruisant la vie.

Les moyens ne manquent pas de réparer le dommage causé et de travailler au bien commun. Dans la sphère politique, nous pouvons continuer de lutter pour les droits de l’enfant à naître et pour le droit des mères de recevoir une information pertinente sur la

grossesse, sur l’enfant à naître et sur les effets et risques de l’avortement, afin de pouvoir prendre une décision éclairée. Nous disposons aujourd’hui de nombreuses technologies nouvelles pour éclairer ceux et celles qui souhaitent connaître la vérité sur les débuts de la vie et les étapes de la gestation.

Bien que des millions d’enfants à naître aient été éliminés par avortement depuis 1969, les centres de crise pour femmes enceintes et les agences d’adoption ont fait beaucoup de bien. Ces organismes sont réellement le reflet de l’amour du Christ pour le monde; ils aident les femmes à trouver du logement, de l’emploi et de la formation, tout en les soutenant pour qu’elles trouvent le courage d’offrir à leurs enfants un environnement stable. De plus, ces centres ont pour mission de venir en aide aux personnes affectées par un avortement en leur offrant soutien affectif et aide en vue d’une guérison intérieure.

Des choix positifs pour l’avenir

Aux deux extrémités de la vie, un grand besoin se fait sentir : celui de soins remplis de compassion et de fraternité. Ce besoin est toutefois souvent ignoré au profit d’un appui démesuré à l’autonomie personnelle. L’avortement, l’euthanasie et le suicide assisté se drapent tous de l’idéal du « choix individuel ». En réalité, la décision de participer à l’un ou l’autre de ces gestes mortifères affecte non seulement la personne, mais aussi sa famille, ses proches et toute leur collectivité. La décision de supprimer une vie, que ce soit la sienne propre ou celle d’une autre personne, a un profond impact sur tout le réseau humain qui sous-tend notre société.

La responsabilité nous revient de faire en sorte que chacune, chacun puisse faire des choix positifs, des choix qui lui seront bénéfiques et qui bénéficieront à toute sa collectivité. Dans le cas de l’euthanasie et du suicide assisté, nous devons nous assurer que tous les Canadiens et les Canadiennes aient accès à des soins palliatifs prodigués avec compassion, incluant le soulagement adéquat de la douleur et un accompagnement spirituel ou existentiel. Par-dessus tout, chaque malade mérite d’être accompagné par des personnes qui l’aident à affronter les défis que lui imposent la vie avec un handicap, une douleur chronique ou une maladie terminale.  Il ne suffit pas de travailler pour les personnes dans le besoin, il faut aussi leur être présents – être à leur côté. Seule une vraie solidarité peut nous permettre d’espérer édifier une civilisation de l’amour. 

On ne peut isoler aucune personne ni aucune prise de décision de l’ensemble de la famille humaine. Telles les vaguelettes à la surface d’un étang, les choix positifs ou négatifs de chacun et chacune irradient toute la société. Quel impact  choisirez-vous d’avoir sur notre monde?

[1] S.S. Benoît XVI, Caritas in Veritate, 7.

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