Libre-choix ou choix libre?

lundi, 02 mai 2005
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Message de l’Organisme catholique pour la vie et la famille
à l’occasion de la Marche nationale pour la vie
Ottawa – 12 mai 2005

Un phénomène nouveau commence à ébranler des certitudes au sein de la société canadienne. Blessées par l’avortement, des femmes de plus en plus nombreuses se lèvent pour dire leur souffrance à la face du monde. (1) Elles veulent éviter à d’autres les difficultés qu’elles ont vécues. Leur message est clair : leur choix n’a pas été le bon. Les enfants ne sont pas les seules victimes de la mentalité abortive qui prévaut dans notre société. Leurs mères sont aussi victimes de la culture de l’avortement.

À l’occasion de la Marche nationale pour la vie 2005, l’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) invite la population canadienne à se laisser déranger par le discours de ces femmes. Après plus de 35 ans d’une banalisation progressive de l’avortement et la disparition de centaines de milliers de futurs Canadiennes et Canadiens, il est temps pour notre pays de se questionner sur ses options passées.

Un choix libre est un choix pour la vie

Parler de choix, c’est aussi parler de liberté - une valeur de première importance! Or, l’expérience le confirme, trop souvent la femme qui opte pour l’avortement ne trouve pas la liberté qu’elle espérait. Laissée à elle-même, elle est prisonnière de la peur et de l’ignorance.
 
Elle craint pour l’avenir et ne reçoit de son conjoint, de sa famille, de ses amis aucun soutien psychologique, moral ou financier. Personne ne l’aide à s’émerveiller du développement intra-utérin de son enfant et personne ne la met en garde contre les conséquences possibles de l’avortement sur sa propre santé. En subissant cette procédure, elle croit faire un choix libre, mais se retrouve trop souvent submergée par sa souffrance et sa culpabilité.

L’avortement : un problème de société

Une nécessaire prise de conscience s’impose: l’avortement est un réel problème de société. Un signe évident de notre incapacité à respecter et à accueillir toutes ces petites vies dont dépend notre avenir. L’heure est venue d’oser écouter ces femmes de courage nous parler - parfois 10 ans, 20 ans et 30 ans plus tard - de l’impact négatif de l’avortement sur leur vie. 
 
En nous partageant leur expérience, elles décrivent le « syndrome post-abortif » qui leur a coûté tant de souffrances émotionnelles, psychiques et morales. Beaucoup ont fui dans l’alcool et la drogue, multiplié les relations amoureuses destructrices, sont tombées dans la dépression et l’attrait pour le suicide… Tout pour engourdir leur peine. Elles nous disent aussi les conséquences de l’avortement sur leur santé physique: stérilité, cancer du col utérin, problèmes au cours de leurs grossesses ultérieures (avortements spontanés, grossesses ectopiques, etc).
 
Une réalité très préoccupante lorsque l’on considère les chiffres récemment publiés par Statistique Canada: 52% des 105 154 avortements thérapeutiques réalisés en 2002 ont été subis par des femmes dans la vingtaine. En moyenne 26 femmes dans la vingtaine sur 1000 ont subi un avortement.

Une question de justice

Les coûts personnels et sociaux de l’avortement devraient nous convaincre du droit des femmes 1) de connaître les conséquences possibles de l’avortement sur leur santé; 2) d’être mises au courant du développement fœtal avant leur avortement; 3) de se voir offrir d’autres options.
 
C’est une question de justice à leur égard, sans parler de l’enfant à naître et de son droit de naître. C’est aussi une question de politique sociale, puisque le Canada est confronté à un déficit démographique croissant - avec un taux de natalité de 1,5 enfants par femme en âge de procréer - et à un vieillissement rapide de sa population.
 
Les femmes enceintes en difficulté ont besoin d’alternatives à l’avortement, de solutions positives et constructives qui favoriseront l’accueil et l’éclosion de la vie. Il faut encourager la création de services adaptés à leurs besoins et soutenir ceux qui existent : services-conseils, maisons d’aide aux femmes enceintes, services d’adoption à la naissance, « marrainage » qui permet de confier son enfant à un proche pour un temps indéterminé tout en demeurant sa mère, ou encore « adoption » d’une maman et de son enfant durant la grossesse et après la naissance pour leur assurer un soutien moral et financier.
 
Il s’agit en somme de dépasser l’incohérence actuelle de la loi canadienne qui reconnaît d’une part la nécessité de protéger l’embryon (Loi sur la procréation assistée) et autorise d’autre part l’avortement à n’importe quelle étape de la grossesse. 
 
Certaines voix au Canada commencent à s’élever pour questionner sérieusement les conséquences de l’avortement sur notre société. L’OCVF se joint à ces voix : le moment est venu pour les Canadiennes et Canadiens de dépasser les tabous et d’oser un nouveau débat de société sur l’avortement. C’est une question d’avenir.


(1) De nombreux groupes viennent désormais en aide aux femmes qui sont aux prises avec le syndrome post-abortif. Quelques exemples :
Elliot Institute (http://www.afterabortion.info/jericho/RESOURCE.htm)

Hope Alive (http://www.hopealiveusa.org/
Project Rachel (http://www.hopeafterabortion.com/
Rachel’s Vineyard (http://www.rachelsvineyard.org/)
Silent No More (http://www.silentnomoreawareness.org/about/)